
La Via est libre !
S'élancer des bords du Lac Léman, se faufiler sans peine dans les lacets au bord du Rhône entre les montagnes, flâner sur les berges animées des quais et du quartier de Confluence à Lyon, descendre à travers les vergers fruitiers entre Drôme et Ardèche et finir à hauteur de roseaux en Camargue, la via Rhôna réserve un itinéraire surprenant. Une leçon de géographie et d'histoire en grignotant sans peine la traversée de onze départements. Le voyage offre des pleins et des déliés qui ajoutent au plaisir de découvrir collines et jardins, ponts et bourgs aux placettes historiques. Le Rhône prend son temps et le soleil. Au bout il y a le Grau-du-Roi, le fleuve et la mer qui s'embrassent. Apaisés.
Dans le bleu des Alpes
Entre la Savoie et l'Ain, partir de Chanaz en laissant la haute silhouette du Grand Colombier derrière soi, c'est filer au raz du fleuve et ses eaux bleues minérales et sauvages descendent le long de la digue. On le frôle, il zigzague, laisse place à son canal de dérivation puis revient surprendre quelques kilomètres plus bas sous le vieux pont de la Balme. Le Rhône s'élargit, ses rives accueillent les bateaux, les champs de coquelicots, une vielle église, un moulin à tuiles, une terrasse.
En franchissant la passerelle à hauteur de Virignin, le temps est suspendu, délicat. La via avance à l'écart, pousse sans efforts vers Brégnier-Cordon. Et invite à s'accorder un court détour pour rejoindre la Maison d'Izieu et le Mémorial des enfants juifs exterminés. Quand on repart, la randonnée mérite de s'offrir une escapade à l'écart du fleuve.
Impossible d'éviter le château de Brangues et son parc où repose la tombe de Paul Claudel, avant d'aller se poser dans les petites rues de Morestel. Du haut de son donjon, le meilleur est à découvrir.
Et soudain, une île
Après Vienne et l'indispensable pause pour se mêler à l'atmosphère gallo-romaine des sites et son riche passé architectural, l'eau du Rhône va bientôt raser le pied des vignes. Leurs rangs tombent en pente, bombés de ceps tendus au cordeau. On y jette un coup d'œil là-haut mais la vue disparaît aussitôt happée par la végétation… d'une drôle d'île, dessinée par la Lône, un bras du Rhône, à Tupin-et-Semons. On est seulement à 40km au sud de Lyon.
L'île du Beurre et son centre d'observation de la nature réserve le silence, une piste toute douce au milieu des bois et de nombreux postes d'observations. S'y arrêter c'est écouter les oiseaux, patienter pour apercevoir les castors ou les hérons, repérer la flore du bord de rivière.
Au calme. A la sortie de l'oasis verte, l'immense méandre, où nichent Condrieu, son prestigieux terroir viticole et ses côteaux, s'étale presque à perte de vue. La rive droite du fleuve prend ses aises. La voie est toute acquise aux vélos.
Caderousse cache ses trésors
A mi-distance entre Pont-Saint-Esprit (Gard) et Avignon (Vaucluse), où les cités ont depuis longtemps jeté les ponts au-dessus du fleuve, la petite commune de Caderousse vit heureuse et cachée derrière ses hautes digues, à l'écart du courant. Dans l'ancien méandre, depuis des siècles les remparts de la citadelle préviennent des coups de colère du Rhône, le grand voisin. A l'abri, le bourg provençal dévoile ses hôtels particuliers. Au fil des ruelles, on se pique d'apercevoir les jardins, un portail, une cour, une chapelle. Quand on quitte Caderousse en traversant la muraille par l'une de ses portes, c'est pour grimper doucement au milieu des vignes vers Châteauneuf-du-Pape. Un paysage grand cru. Tout là-haut, les rues se serrent autour des vestiges du château. L'effort invite à déguster un verre dans une cave ou en terrasse. Il sera toujours temps de redescendre vers Avignon, au loin. La pause s'impose.
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